Aliou Diack en résidence à Tilal Utique

 

OH Gallery est heureuse de revenir sur la participation d’Aliou Diack au programme de résidence de Tilal Utique, développé par la Fondation Kamel Lazaar en Tunisie, au cours de l’été 2026.

Implantée sur les terres historiques d’Utique, Tilal Utique est dédié à la création, à la recherche et aux échanges transdisciplinaires. Conçu avec l’architecte Francis Kéré, le site réunit espaces de résidence et de recherche au sein d’un environnement où pratiques artistiques, savoirs scientifiques, artisanaux et écologiques sont invités à dialoguer. Son programme de résidence se déploie comme un laboratoire : un espace d’expérimentation, de production et de rencontres, mais aussi d’attention portée aux territoires et aux savoirs qui les traversent.

C’est dans ce contexte qu’Aliou Diack a poursuivi ses recherches autour du vivant, de la matière et du paysage. Nourrie par l’usage de pigments naturels et par une attention constante aux environnements qu’il traverse, sa pratique s’est confrontée à un nouveau territoire et aux paysages méditerranéens d’Utique. La résidence lui a ainsi offert un temps de recherche et de production, mais également un espace de rencontres et de circulation des savoirs, prolongeant une pratique dans laquelle matière, nature et mémoire demeurent étroitement liées.

La présence d’Aliou Diack à Utique fait également écho à une histoire plus vaste des circulations artistiques et intellectuelles sur le continent africain. Artiste sénégalais aujourd’hui établi en France, sa trajectoire s’inscrit elle-même dans ces géographies multiples et ces circulations entre territoires. La Tunisie et le Sénégal ont vu émerger, autour des indépendances, des scènes modernes engagées dans la recherche de nouveaux langages artistiques et dans la construction de leurs propres espaces de production, de pensée et de diffusion, depuis le continent et en dialogue avec le monde. Au Sénégal, cette dynamique s’est notamment incarnée dans les politiques culturelles de l’après-indépendance, l’École de Dakar et le Premier Festival mondial des Arts nègres, organisé à Dakar en 1966, qui fit de la capitale sénégalaise un lieu majeur de rencontres entre artistes, écrivains et intellectuels africains et diasporiques. En Tunisie, l’École de Tunis participa, dès les décennies précédant et suivant l’indépendance, à l’affirmation de nouvelles formes de modernité artistique. La création, également en 1966, des Journées cinématographiques de Carthage inscrivit parallèlement Tunis dans des circulations culturelles reliant le Maghreb, le monde arabe et l’Afrique subsaharienne ; une dynamique panafricaine prolongée par la fondation à Tunis, en 1970, de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI).

La résidence d’Aliou Diack à Utique vient réactiver, à son échelle, cette géographie des rencontres et des circulations entre scènes africaines. La présence d’un artiste sénégalais au sein de Tilal Utique ouvre ainsi un nouvel espace de dialogue entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord et participe à une histoire des échanges artistiques intra-africains qui reste encore largement à documenter, à transmettre et à écrire.

© Emine Maherzi

Crédit images et courtesy : Tilal Utique

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