Conversation, Com-plot-er Dakar
Viyé Diba participe à la première table ronde du cycle de conversations et de rencontres « Quartiers et mémoires », un programme consacré aux espaces indépendants, aux collectifs artistiques et aux formes de solidarités culturelles qui se développent à Dakar face au retrait progressif des structures institutionnelles.
Pensé comme une réflexion autour des manières dont les artistes s’approprient la ville et inventent de nouveaux récits urbains, ce programme revient sur plusieurs décennies de transformations culturelles au Sénégal : des grandes utopies institutionnelles des années 1960 à l’émergence d’initiatives collectives, de pratiques expérimentales et d’espaces autonomes ancrés dans les réalités sociales et urbaines contemporaines.
Aux côtés de Germaine Acogny et du professeur Abdoulaye Elimane Kane, Viyé Diba interviendra dans la table ronde intitulée « Ruptures dans le Plateau : Sortir du temple ». Cette rencontre abordera le basculement entre les grandes institutions culturelles de l’État sénégalais — telles que le Musée Dynamique ou l’École des Arts — et l’émergence de stratégies artistiques plus indépendantes, développées dans un contexte marqué par la disparition progressive des soutiens institutionnels.
Dans ce cadre, Viyé Diba reviendra sur sa réflexion théorique autour des matériaux de récupération, qu’il envisage comme une véritable esthétique de la présence dans un contexte de pénurie. Son intervention questionnera notamment la manière dont les artistes sénégalais ont transformé les contraintes économiques, urbaines et politiques en langages plastiques singuliers. La discussion interrogera également si la perte du « temple » institutionnel — symbolisée notamment par la transformation du Musée Dynamique — a paradoxalement constitué une forme de libération permettant à l’art sénégalais de développer ses propres systèmes de formes, de matériaux et de pensée.
À travers ce dialogue, le programme met ainsi en lumière les pratiques artistiques comme espaces de transmission, de résistance et de fabrication du commun, où l’œuvre ne se limite plus à un objet exposé mais devient aussi relation, circulation du savoir et engagement concret auprès des communautés.
© Khalifa Hussein
Courtesy Selebe Yoon