Acquisition Théodore Diouf, Baltimore Museum of Art
OH Gallery se réjouit de l’entrée au Baltimore Museum of Art de deux tapisseries majeures de Théodore Diouf, Symbiose (v. 1980) et Les Esprits de la Nuit (1979), tissées à la Manufacture Sénégalaise des Arts Décoratifs de Thiès. La galerie est heureuse d’avoir contribué, aux côtés du musée, au travail de confirmation de la provenance et de l’authenticité de ces œuvres, contribuant ainsi à leur documentation et à leur inscription dans une collection institutionnelle internationale de premier plan. Leur acquisition vient consolider la place de Théodore Diouf dans l’histoire de l’art sénégalais et dans celle des modernités africaines du XXe siècle. Elle permet, dans le même mouvement, de resituer son œuvre dans le contexte des années Senghor, période décisive durant laquelle le Sénégal se dote d’institutions culturelles vouées à l’émergence d’un art moderne africain. Formé à l’École des Arts de Dakar à la fin des années 1960, Diouf développe très tôt un langage plastique nourri par l’observation de la nature, les cosmologies sérères, les formes organiques, les esprits, les pangool, ainsi que par un vocabulaire visuel où se rencontrent abstraction, mémoire et invention. Dans les années 1970, plusieurs tapisseries sont alors commandées d’après ses maquettes, au Sénégal comme à Aubusson, signe de la reconnaissance précoce de son travail dans les circuits culturels de l’époque.
Au-delà de la seule consécration muséale, cette entrée en collection participe d’un mouvement plus large de réévaluation des scènes africaines et de leurs histoires matérielles, esthétiques et institutionnelles. Elle rappelle également la nécessité de considérer les tapisseries de Thiès non comme des productions secondaires, mais comme des œuvres majeures pour penser les articulations entre création moderne, commande publique, circulation des formes et affirmation culturelle dans l’Afrique des Indépendances. Voir aujourd’hui deux tapisseries de Théodore Diouf rejoindre la collection du Baltimore Museum of Art souligne non seulement l’importance de son œuvre, mais aussi la nécessité de relire les modernités africaines depuis leurs centres de production, leurs réseaux et leurs ambitions formelles propres.
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